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 Vieilles connaissances

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AuteurMessage
Ryûchi S. Farfire
Mafia
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Messages : 46
Date d'inscription : 17/01/2012
Localisation : Partout et nulle part à la fois. Moi omniprésent voyez-vous?~

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MessageSujet: Vieilles connaissances   Mer 8 Fév - 22:14

S’il y avait une chose que je n’avais jamais réussi à me résoudre à quitter malgré les déplacements réguliers et les déménagements, c’était bien l’entraînement aux arts martiaux. Depuis que j’avais commencé à les pratiquer, il était hors de question que l’endroit où je me trouvais n’ait pas son dojo, dojang ou n’importe quel centre d’entraînement sportif. J’avais essayé plusieurs styles, des plus connus à certains plus obscurs mais toujours aussi enrichissants de leur histoire et philosophie, mais je devais avouer que j’avais développé un petit faible pour le tae kwon do. Malgré le fait que ce ne soit pas le style de combat le plus efficace (de loin) dans sa forme WTF, il recelait quand même une grâce qui lui était bien particulière. La beauté des lignes, le jeu de pieds à couper le souffle et surtout l’art qui se dégageait de certains enchaînements m’avaient rendu, au fil des années, un fervent supporter de ce sport en particulier. Je m’y étais attaché assez pour désirer continuer au-delà de la ceinture noire, ce qui m’arrivait plutôt rarement. J’avais même décidé de pousser plus loin l’année d’avant en prenant les cours nécessaires pour pouvoir l’enseigner et l’arbitrer, ce qui m’avait valu les railleries de mon maître – qui me félicita pour la première fois pour ma constance surprenante. Malgré tout, j’avais pu comprendre, à son air, qu’il était plus fier que sarcastique – et tout aussi enfantin que ça puisse paraître, cela m’avait empli d’une joie folle.
C’est avec immense plaisir et honneur que j’avais accepté d’être assistant-maître pour le dojang d’Oakford. Le salaire y était moyen, mais l’expérience que j’en retirais à chaque fois valait largement plus que ce que je pouvais recevoir comme paiement monétaire. J’avais obtenu ma quatrième dan il y avait quelques mois déjà, et je planifiais déjà l’examen qui serait encore dans au moins deux ans sinon plus. En attendant, j’avais accepté de prendre en charge certains cours lorsque le maître était indisponible, comme aujourd’hui d’ailleurs. Pour ne pas déboussoler les élèves, je ne changeais pas la formule – elle fonctionnait si bien, pourquoi changer une recette gagnante? Et puis j’avais un plaisir fou à donner ces cours, à chercher les limites de chacun et à tenter de les repousser encore plus loin. Bien sûr, c’était ressortir de là crevé et en sueur, mais l’énergie qui régnait dans le dojang dans ces moments était pratiquement palpable, c’en était électrisant.
Un léger brouhaha commençait à se faire entendre dans les vestiaires à l’extérieur de la salle; les parents des enfants devaient être arrivés, et devaient déjà les attendre pour les aider à se changer et les amener prendre une collation. Je regardai avec un sourire les enfants s’aligner en quatre belles rangées, les ceintures classées par couleur, les plus vieux ramenant les plus petits à l’ordre. Les voir replacer leur dobok et leur ceinture avec minutie avant les commandes finales me fit rire intérieurement; certains d’entre eux avaient du potentiel, c’était visible à l’œil nu. Levant un peu la voix, les paroles rituelles sortirent de ma bouche comme un mécanisme.

- Cha-ryeot. Gyeong-rye.

Commande de salut qui fut répétée deux fois – une pour le drapeau, une pour le maître. Après avoir prononcé le Hae-san, je pus voir les jeunes qui deux secondes auparavant étaient sages comme des images courir vers la porte et saluer en désordre avant de partir se changer. J’entrepris de ranger les coussins et de préparer le prochain cours qui aurait lieu dans un bon 45 minutes encore. Cette fois par contre, j’aurais affaire à des adultes, et non pas aux juniors. Je transpirerais pour vrai à la fin de l’entraînement.
Un enfant courut ramasser la tuque qu’il avait oubliée dans le dojang, puis ressortit tout aussi vite après un salut rapide et maladroit. Étouffant un léger rire, je m’assis sur le bureau dans la salle de rangement et bus à ma bouteille afin d’étancher ma soif. Je n’attendais personne avant encore au moins 30 minutes, les plus assidus arrivant toujours quinze minutes à l’avance pour commencer leur échauffement. Cela me donnait assez de temps pour me reposer un peu et aérer la pièce grâce à la porte que j’avais laissée ouverte…

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